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en hommage à mon fils, Raphaël DROUIN - † 22-04-2014

"Les morts sont des invisibles, mais non des absents." - Victor Hugo
"Ne pleure pas celui que tu as perdu. Au contraire, réjouis-toi de l'avoir connu" - Jean-Louis Trintignant

"Même quand la blessure guérit, la cicatrice demeure" - Publius Syrus

Les dix jours annuels de Musique de Chambre à Giverny sont un des plus beaux lieux du genre. Pour le cadre, pour la qualité musicale, culminant le 30 août dans une interprétation d’une transcendance inoubliable et bouleversante du quintette avec piano opus 42 de Louis Vierne.

La présence du claquettiste Max Pollak fut aussi un événement, tant au concert, notamment avec la création d’une Folia de Thierry Escaich pour claquettes, percussions corporelles et violoncelle, qu’après concert.

Mais il y eut encore un autre événement, énorme : une dizaine de luthiers français des meilleurs (les meilleures écoles de lutherie sont italiennes, et les meilleurs luthiers français) ont installé, le temps de la résidence, leur atelier à Giverny, pour y fabriquer bénévolement un violoncelle au profit de Musique de chambre à Giverny, qui fête cette année sa 11e édition.

Nous avons pu admirer chaque jour le talent des « lulus », apprécier leur bar, bénéficier de leur bonne humeur, de leur disponibilité à répondre à nos questions, et en clôture entendre leur violoncelle, baptisé « Raphaël » à la mémoire du pianiste Raphaël Drouin, dont nous avons pris la mesure de l’absence.

Ce disque est un peu d’une histoire de famille, celle réunie depuis 11 ans au sein de Musique de chambre à Giverny par Macha Belooussova et Michel Strauss qui avaient une admiration sans bornes et un amour quasi filial pour ce jeune génie. Après avoir dit « Ce type est un génie », Michel Strauss, sourire jusqu’aux oreilles, faussement étonné, racontait comment ce brillant pianiste avait choisi la classe d’un violoncelliste pour se perfectionner en musique de chambre.

Mais Raphaël trouvait tout cela, sa vie, le piano, la musique, certainement peu amusants et suffisamment invivables pour s’arracher de là. Comme ça. À la stupéfaction de tous. Il semblait être tant plus à envier qu’à plaindre, par son talent musical, par son sens de la convivialité, son abonnement aux prolongations d’après concert.

Il va énormément manquer sur les scènes et dans la vie de Musique de chambre à Giverny.